Savoir se confier, savoir écouter

A dire et à entendre

Le plus difficile est de se confier. Quand on va mal on préfère « garder pour soi » en espérant des jours meilleurs qui parfois n’arrivent pas… Le repli, l’isolement aggravent alors le sentiment d’échec, d’abandon, d’incompréhension et peuvent entraîner la personne dans la crise suicidaire. Quand on perçoit l’installation d’un état de « mal-être », il faut aller vers celui qui va mal en lui disant « je vous (te) sens mal », « je me fais du souci pour vous (toi) », dans le respect de ses propres limites et compétences. Aller à la rencontre de celui qui souffre permet d’établir un lien de confiance, d’évaluer la situation, le risque de passage à l’acte pour susciter une intervention adaptée.

Lorsque la personne :

  • désire parler et est à la recherche de communication,
  • cherche des solutions à ses problèmes,
  • pense encore à des moyens pour faire face à la crise qu’elle traverse,
  • a établi un lien de confiance avec son médecin, un soignant…

il faut l’inciter à mettre en oeuvre tous les liens personnels, sociaux, associatifs et médicaux qui l’entourent. Ce sera :

  • les amis, un adulte référent, les centres d’accueil, les médecins scolaires, infirmiers, le conseiller principal d’éducation, les points d’écoute jeunes et les associations telles que Fil Santé Jeunes ou Courbevoie Ecoute Jeunes, ligne Azur… pour les adolescents.
  • les collègues, le médecin du travail, la famille et les associations… pour les adultes.
  • l’entourage, l’assistante sociale, le réseau médical et les associations spécialisées telles que ALMA… pour les personnes âgées.
  • et pour tous, les associations telles que SOS Amitié, Suicide Ecoute, SOS Suicide Phénix, Recherches et Rencontre, les Portes Ouvertes …

Si la situation est plus préoccupante notamment si :

  • la personne a un équilibre émotionnel fragile,
  • envisage le suicide et son intention est claire,
  • a envisagé un scénario suicidaire mais a reporté son exécution,
  • ne voit d’autres recours que le suicide pour cesser de souffrir,
  • a besoin d’aide et exprime directement ou indirectement son désarroi.

C’est le réseau de soutien médical et psychologique qu’il faut faire intervenir en convainquant la personne de rencontrer son médecin généraliste ou d’avoir un entretien avec un psychologue, ou un psychiatre ; il faut la convaincre qu’il est possible de la soigner dans cette situation, et que les soins la soulageront.

Enfin la situation peut nécessiter l’intervention en urgence d’acteurs compétents et spécialisés parfois sous la forme d’une décision d’hospitalisation même sans le consentement de l’intéressé. C’est le cas lorsque :

  • la personne est décidée, sa planification est claire et le passage à l’acte est prévu pour les jours qui viennent,
  • elle est coupée de ses émotions, elle rationalise sa décision ou au contraire elle est très émotive, agitée ou troublée,
  • elle a un accès direct et immédiat à un moyen de se suicider : médicaments, armes à feu, etc.
  • elle a le sentiment de n’avoir aucun autre choix,
  • elle est très isolée.

En cas de deuil :

Lorsque la mort survient les familles ressentent un grand désarroi, un sentiment d’injustice parfois de honte ou de colère et toujours de culpabilité. Les proches sont fragilisés par la survenue du suicide, ils ont tendance à leur tour à se replier, à s’isoler. Ils doivent au contraire rencontrer tous ceux qui pourront les aider dans cette épreuve : le médecin habituel de la personne décédée qui pourra les aider à comprendre ce qui s’est passé, le médecin légiste qui aura réalisé l’examen de la personne après sa mort, les enquêteurs…

Les associations Phare Enfants ParentsJonathan Pierre Vivante, la F.A.V.E.C (Fédération des Associations de Conjoints Survivants) ou Vivre son deuil peuvent les accompagner dans cette période difficile.

Enfin les proches ne doivent pas hésiter à consulter un médecin généraliste, un psychologue, un psychiatre pour éviter que l’anxiété, la dépression ne s’installent durablement.